Une envie de trouple

Depuis deux semaines que nous sommes à nouveau en mode non exclusif, j’ai pris l’initiative d’accélérer le rythme. Je suis à nouveau libre d’avancer dans ma quête d’expériences, à deux. J’ai rejoint le groupe de rencontres polyamoureux de Facebook avec une présentation identique à celle de la fiche que j’ai créée il y a quelques semaines sur Okcupid. Les deux seuls endroits virtuels que je connais où se regroupent les polyamoureux. Sur cette fiche, nous sommes un couple ouvert et libertin. Nous sommes plutôt bien accueillis, et les premiers contacts ne se font pas attendre. Nous arrivons enfin à créer des conversations virtuelles à trois, car nous nous présentons à deux et nous proposons immédiatement ce mode de discussion pour faire connaissance. Et ça marche ! des échanges se font, des liens se nouent, le champ des possibles s’agrandit. Nous sommes les cocréateurs de notre réalité et nous en profitons !

Dès le début de ma période polyamoureuse en février 2014, je suis entrée en contact avec la notion de trouple. J’ai rencontré une fille qui vivait depuis 6 mois dans cette configuration, et qui je crois y est toujours. J’ai rêvé qu’un jour cela puisse être possible pour moi aussi. Au début avec deux voire trois amoureux ; et puis quand j’ai exploré ma bisexualité, c’est avec un homme et une femme que cela m’a paru le plus évident. Comme une sorte d’équilibre parfait pour moi. Ma première opportunité n’est arrivée que 3 ans après : par un homme qui avait rencontré une fille que j’avais draguée deux ans plus tôt. Le monde est si petit. Encore une histoire à rallonge, avec la particularité d’être une de celles qui est entrée dans ma vie par plusieurs portes. Quelle surprise quand il m’a annoncé que sa chérie m’avait reconnue à la description qu’il avait faite de moi après notre première rencontre ! Après une exploration de quelques semaines, l’entente mutuelle n’était pas au rendez-vous pour moi, fin de l’histoire.

La deuxième opportunité est arrivée avec toi. Notre premier point de contact. Tu m’as tout de suite parlé de ta chérie, et de votre envie de construire une polyfamille avec enfants existants et/ou à concevoir. Pour l’existant c’était moi, pour le concevoir c’était elle. Malgré une très belle rencontre à trois pour notre première fois, la belle a choisi un autre chemin quelques semaines plus tard. Et notre couple non exclusif s’est installé petit à petit, avec mes réticences et nos envies. Très rapidement, d’autres belles sont entrées en contact avec toi. Tu t’étonnes souvent de l’abondance que je génère, bien que je n’y sois pour rien concrètement. C’était juste possible. Mais je me suis vite sentie exclue dans les prises de contact. Tout se passait en dehors de moi, alors que j’étais concernée tout autant que toi. Tu nouais des relations un à un, et bien que j’eusse essayé d’en faire autant en demandant leur profil Facebook, les échanges se sont arrêtés à quelques messages de politesse. C’est vrai aussi que je ne passe pas mon temps à entretenir des relations virtuelles, et que j’ai plutôt l’habitude que ce soit les autres qui viennent à moi.

Quand Anne est venue passer un week-end avec nous, je n’avais même pas été consultée sur mon envie de partager mon temps avec une autre personne. Je n’avais eu aucun contact avec elle, et connaissais à peine son existence. Et pour cause, tu venais seulement de discuter avec elle sur Facebook qu’elle prenait déjà l’avion. A mon arrivée, ça été compliquée pour moi, et tu as pu voir de quel bois je me chauffe quand je suis contrariée, sans aucune fierté. C’était très inconfortable de vivre une absence de consentement, ce qui pour toi était juste une surprise. Alors, quand tu m’as demandé de lui réserver un bon accueil, je n’ai pas pu te le garantir. Finalement, la rencontre s’est bien passée et j’ai pu apprendre à te faire un peu plus confiance, bien que je n’aime pas que tu me fasses ce genre de surprise… J’ai même réussi à vous laisser seuls pour vous découvrir en tête à tête, comme la belle m’en avait donné cette chance quelques semaines auparavant.

J’ai vécu le sentiment de jalousie, et toi aussi. Non pas que j’ai d’autres amoureux. Mais je continue à voir mes amants seule, parce que c’est une condition préalable à toute relation, non négociable pour moi. Ça nous a valu quelques discussions compliquées, des moments de retraite, de distance aussi. Des tâtonnements et des retours à une forme soi-disant plus douce de relation : le mode exclusif. Même si c’est confortable pour toi, c’est invivable pour moi. Alors il a fallu trouver un terrain d’entente. Celui où je me sentirais libre de vivre les expériences qui me font du bien, seule, et où tu te sentirais rassuré. Tu as évidemment compris que c’est en me privant de liberté que tu risquais de me perdre. Et non l’inverse. Ça me rappelle pourquoi je n’ai jamais fumé : mes parents m’ont proposé une cigarette quand j’avais 12 ou 13 ans. Sans le goût de l’interdit, il ne restait de ma première taffe que le goût du tabac : dégueulasse ! C’est précisément si tu me l’interdis, que j’en aurai encore plus envie.

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2 commentaires sur « Une envie de trouple »

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