J’explore le sentiment de trahison et la colère

Des cinq blessures de l’âme, c’est ma deuxième, la trahison. Je l’ai découverte il y a trois ans, parce que je porte si bien le masque du contrôle. Forte de cette information, je pars en exploration pour une confrontation à la réalité. Il n’y a que cela pour me faire changer. Me confronter, comprendre, analyser, ressentir, prendre du recul, accepter et me transformer. J’ai appris à détecter l’alerte : c’est quand je vois rouge. Qu’est-ce que ça veut dire ? une sorte de transformation physique et mentale à la Hulk dans sa puissance. Une forme d’énergie qui monte à l’intérieur, m’envahit jusqu’à devenir comme quelqu’un d’autre. La colère. Je me mets à hausser le ton, parler froidement et même être insultante. Je n’ai plus aucun contrôle sur l’instant, je ne prête plus attention à ce qui se passe autour de moi, et mon visage change. C’est très gênant d’entendre dire que je suis belle aussi dans ces instants-là… parce que je n’aime pas du tout être dans cet état-là. Mais je l’accueille, maintenant que j’ai appris à l’identifier. Au début, je croyais que c’était l’alerte que l’autre était un danger pour moi parce qu’il avait eu un comportement qui ne me convenait pas. Maintenant, j’identifie que la situation vécue est en train de raviver une blessure.

Ce matin, c’est alerte rouge sur le quai d’une gare : nous sommes au téléphone, tu m’informes d’un ton léger que vous avez fait une webcam hier soir avec K., qu’elle était toute émoustillée. Je sens mon cœur s’emballer à mesure que je t’écoute, je sens le rouge monter (la colère) et je décide de raccrocher avant qu’il ne soit trop tard. J’accueille cette émotion. Que s’est-il passé d’un coup pour que la colère monte en moi ? Et pour prendre du recul et analyser, j’écris : « Non, ça, ce n’est pas ok pour moi. On avait dit qu’on le ferait ensemble. Je t’avais demandé d’attendre quand tu voulais déjà la chauffer par caméra ce week-end, parce qu’on venait juste de prendre contact avec elle et que les échanges se déroulaient à trois pour une première fois sur Messenger. Je me sens trahie et ça n’a rien à voir avec ce que vous avez échangé. Nous essayons de créer une relation de trouple, et il me semble important que les premières fois se passent à trois. Là, vous avez créé une relation à deux, sans moi. Je me sens trahie car non écoutée dans mon besoin de ne pas être exclue de la relation naissante. » Ok, je ne suis pas encore experte en communication non violente, mais je m’exerce.

Quand j’ai eu fini de poser cela, je me suis sentie mieux. La colère avait disparue. Soulagée de pouvoir rester alignée avec ce qui vibre positivement dans mon cœur. Je n’ai pas forcément raison, ce n’est pas vraiment la question d’ailleurs, mais c’est ce qui est ramène de la douceur en moi. En fait, la solution est dans la possibilité de dire ce que je veux. La confiance en l’autre, c’est simplement la liberté de pouvoir dire qui je suis et de lâcher prise. Car une fois que je me suis dite à l’autre, je ne peux plus contrôler ce que cela va devenir, ce que l’autre va en faire et cela le laisse libre de choisir et de faire des propositions à son tour. Contrôler, c’est faire en sorte que les autres fassent ce que je veux ; lâcher prise, c’est faire part de mes envies et voir ce que les autres en font. Pour le coup, j’ai vu et j’ai été blessée. J’ai laissé ça là, en essayant de ne pas fermer la porte.

Ce matin, j’ai donc exploré un sentiment de trahison, qui s’est manifesté par la colère et la réaction immédiate : mon indice de confiance a perdu 3 points. J’ai tenté la bienveillance : j’ai pris soin de moi, de m’écouter et de me dire, et cela a suffi pour continuer ma journée en sortant de cette zone de turbulences sans trop de fracas. J’ai surtout évité de te crier dessus, en te faisant porter la responsabilité de ma blessure, ce qui est aussi une forme de bienveillance. J’ai retrouvé dans mes notes sur la confiance un texte qui illustre cette histoire d’indice de confiance : « la confiance, c’est l’attente que notre désir de collaborer ne sera pas déçu, et que nos vulnérabilités ne seront pas exploitées par autrui. La confiance est une intuition, parfois une décision (plus ou moins argumentée) et une espérance, bien plus qu’une certitude. »

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8 commentaires sur « J’explore le sentiment de trahison et la colère »

  1. Il est important de mettre des mots sur une émotion au risque de se laisser dévorer par elle. Et ce, pas seulement pour la colère… Le doute, l’envie, l’amour même… Je pense que le point important est le fait que tu ais su l’écrire, pour mieux le comprendre.. prendre le temps de se poser pour mieux se relever. Le partager pour mieux en discuter 🙂

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