Senxualité en poème

Du poète anonyme qui se reconnaîtra

28 février 2019

« Combien de fois avons-nous vu périr le soleil, sans jamais désespérer qu’il renaisse à la nuit. Et cette goutte d’un soir d’été qui se sait unique au milieu de l’orage et qui pour toucher vos lèvres choisit de faire naufrage. Vous êtes faites du reflet des poignards qui viennent trancher les rêves érotiques. Certes aucun arbre ne monte au-delà du ciel mais comme vous, ils savent que la lune vient prolonger leur sève, et que par vos râles bruisse la grande nuit. La seule réalité qui vaille d’être rêvée c’est votre corps nature, d’ombres et de vertiges… son humidité suave et ses marbres d’ eaux noires reflètent les étoiles depuis dix milles ans éteintes. Vos seins résonnent à la source inhumaine, pour le siècle des siècles d’un souffle éphémère.
Dans l’acier gris-bleu de l’image inversée de votre nudité, les tiges des désirs s’enroulent aux nuages de pluie. Alors ruissellent des fragments d’ambre, d’humus et d’élixir interdits. Que vivent en vous les démons audacieux. Dont la bouche superbe absorbe l’éther de vie. »

5 mars 2019

« Quand avez-vous compris que la fragilité des mondes s’évanouissent en un frôlement de votre peau ? Que votre beauté se nourrit des peurs des passés… avenirs ?
Vous portez la vérité des ombres et l’absolue des rêves de désirs. Votre sensualité ne craint pas la fin du monde. Mais votre corps libre de sa nudité se plonge dans l’océan du vide pour que vous puissiez de nouveau faire l’amour aux « âmes vagabondes ». Devenir Ange noir, devenir démon lumineux ? Et quand… quand viendront les étreintes éternelles des souffles fantastiques ?
Courtisane de la terre et du ciel, amante impudique des mers assoiffées et des déserts submergés. Nul barrage, nul rempart ne retiendra les libres torrents de vos voluptés, alors le monde saura par vous que la peur est un merveilleux amant… »

11 mars 2019

« Nous avions dans le corps et la tête cette musique stridente et amer qui hurle le désir qui hurle la beauté
Dors
Que je l’écrive…pour la graver sur ton corps, la tatouer sur ta peau.

Ton corps d’ombre et de couleurs, aux éclats brisés sur les anneaux des chaînes d’or et d’acier. Alors tu chantais comme en ce cri de nuit « Mon corps est là-bas, là où naissent les orages là où meurt la pluie ». De ronces et d’amour pour découvrir tes seins. Tu contemples le monde à la hâte d’une étreinte sous l’horizon rouge d’une mer inversée.

Nous avions dans le corps et la tête cette musique stridente et amer qui hurle le désir qui hurle ta beauté
Dors
Que je l’écrive…pour la graver sur ton corps, la tatouer sur ta peau.

Ton corps s’était abandonné, et ta bouche prodigieuse s’amusait d’une goutte d’absinthe. La glaise et le souffle avaient de nouveau fait l’amour pour que la terre engendre ta féminité…
Tu évoques les chants interdits des buissons en feu et des fruits interdits, tu as le goût suffoquant des crimes impudiques et des outrages désirants.
Tu griffes les éclairs de nuit et ton corps souffle encore et encore l’ardeur des soirs d’été, des soirs étouffés que porte indolent, la douceur de ton cul… C’est alors, que se prolonge la migration sensuelle sans fin ni destinée qui tremblent en toi et fissurent leur monde..

Nous avions dans le corps et la tête cette musique stridente et amer qui hurle le désir qui hurle la beauté
Dors
Que je l’écrive…pour la graver sur ton corps, la tatouer sur ta peau ».

12 mars 2019

« Que toutes les forces telluriques que portent vos hanches sublimes soulèvent le fleuve évanoui, ce fleuve sauvage et infidèle, charriant autant de glaise rouge que de noirs diamants.
Mais reste-t-il des couleurs aux fleurs fanées pour les avoir trop aimées ?
Encore un sursaut de désir pur et intense, et vous retombez au sol des audaces, sans un bruit, sans un souffle. Enivrées de fumées, de combats et de la beauté des milles et unes femmes qui toutes sans exception furent un jour vos sœurs.
La terre elle-même n’ose relever la tête, risquant d’apercevoir la nuée sensuelle que vous portez encore.
Peut-être, forçant la bourrasque au midi du soleil et des poussières, vous foncez jusqu’à Dieu en embrassant l’enfer…
Jamais vous ne craignez les retards du vent, il vous faut une étoile ou deux pour jouir et refaire l’amour.
Écoutez !
Puisqu’on baise avec les étoiles, c’est que la nuit est nécessaire. Mais reste-t-il des couleurs aux fleurs fanées pour les avoir trop aimées ? »

13 mars 2019

« Crépuscule de mars baigné de brouillard orangé grêle les corps et pénètre les chairs, les chairs fragiles mais libérées de l’hiver lointain.
Le bleu du ciel assombrit le bleu de l’asphalte et des reflets s’opposent pour gagner vos rivages….
Tout en vous rencontre la lumière et métamorphose le temps, s’ouvre alors cet instant suspendu à vos lèvres insolentes.
Le soleil maladroit tombe entre vos seins… Monte alors, la rumeur de l’aube au tumulte des corps : votre nuit effacera la fragilité des roses, pourtant le fantôme de vos nuits d’amour imprime encore vos draps.
Ainsi souffle l’espoir que votre bouche puisse éterniser le pourpre des baisers. Vos désirs sont des guerres, brulant en effigie, ceux qui refusent encore de s’y soumettre pleinement.
Sans flamme, ni étincelle, sans braise, ni feu, vous réchauffez les hommes et leur monde si frileux…
Farouche et belle aux miroirs des oublis, reflet de corridors sans issue, votre bouche veut boire aux flots enivrants et ininterrompus des rivières asséchées.
Vous brisez les armures des beaux jours, qui rêvent aux temps anciens, au temps où «triompher sans périple était vaincre sans gloire ».
Mais déjà surgissent les cris des mille et un battements : corps contre cœurs, cœurs contre corps, l’acier heurtant l’acier jusqu’à briser les barreaux des rêves au firmament. »

14 mars 2019

« À quoi bon s’agiter et disperser son corps alors que tourne et tourne et tourne encore le tumulte du monde… inutile de quitter vos draps « vous portez en vous toute la douceur fracassante du monde… » alors vous observez lascivement la beauté des nuages qui s’étirent et les gens qui y vivent.
Inutile de participer à la confusion du temps, vous savez ce que c’est d’être femme, et vous le faites si bien.
Vous avez connue les défauts d’innocence du soleil sur la peau et ses brûlures de l’être. Alors pourquoi ne pas reposer votre corps nue dans les herbes impassibles ?
Qu’importe les dernières années d’une civilisation. Qu’importe l’espérance illusoire des printemps…
Nous aimons la beauté des corps et nous vivons l’instant éphémère des jouissances.
Des vagues d’air glacé se succèdent sur votre corps brûlant.
Vous n’avez pas besoin de leur clef pour retrouver les désirs désirants. Qu’importe de croire à l’amour puisque nous le faisons ?
Qu’importe le tumulte, vous connaissez les reflets de l’argent et la brillance d’or qui fanent l’horizon.
Vos parfums indifférents à la pluie répandent leurs ombres au long du cortège d’hiver. Comme l’air est beau lorsqu’il murmure au seuil de votre clarté, pour ne pas troubler votre lancinant sommeil, les étoiles s’apaisent et la lune s’est dissoute.
Et d’écouter tout contre votre poitrine ce merveilleux silence. Alors un monde mystérieux s’éveille de votre souffle, un souffle qui embaume la pulpe des fruits lourds et la fraîcheur des larmes d’or. »

15 mars 2019

« Comment ne pas mêler ses désirs au souffle chaud de votre bouche. Comment ne pas vivre le trouble de l’ivresse de votre couche ? Pourriez-vous épargner à vos amants la rosée de vos seins ? Comment ne pas contempler l’accablement des lys ? Vous êtes seule à connaître les désordres des ténèbres à la pointe du jour. Vous savez sur le bout de la langue les strophes érotiques, les louanges à Saphro. Et cette langueur qui sommeille à l’ombre de vos cuisses. Mille sylphides splendides chantent leurs mots d’impudeur murmurés par vos lèvres. Jamais vous n’estompez les rayons aveuglants ni les senteurs puissantes ni le cri des plaisirs. Lorsque, au fond de vous se prolonge la nuit, le jour par pudeur en ralentit l’éveil. Les sueurs de vos courbes sont des éclairs amers qui zèbrent le souvenir et éclairent le sommeil. Votre sourire est l’instant de volupté que l’on ne peut saisir… et dont on rêve encore. Vous possédez sans étreindre, alors l’ultime chimère, la dernière utopie ne serait-elle pas la caresse inassouvie de votre cul de femme ? »

17 mars 2019

« La nuit de mars porte le pourpre de ces souffles glaçants embrassant la beauté frémissante de ton sexe de givre et de liberté. L’aurore, comme l’aube à son tour y chercheront refuge. Sera-t-il question alors, d’inonder ton corps du lever de ce jour ?

Les rideaux des spectacles audacieux découvrent le nouveau monde et dénudent tes hanches. Les matins eux même s’accoupleront aux ténèbres les plus sombres, pour pouvoir s’endormir sur ton doux oreiller et en tes draps humides. Les lueurs oranges portent ton ombre érotique qui caressent la nuit à faire bander les astres.

Tes soupirs sont des créatures sans maîtres. Tes baisers, des lames aux tranchants d’infini. Fière et nue au contours sulfureux, ta gorge immaculée me conduit aux sommets de tes seins où fleurissent les rouges églantines aux épines insolentes. Les mirages à l’horizon s’abaissent et se relèvent, entrent et se libèrent aux rythmes de tes reins.

L’absolu de tes plaisirs a brisé les chaînes d’acier pour jaillir libre, et plus libre encore à ta fraîche fontaine… Comment nous serait-t-il possible alors de ne pas avoir le désir de nous y abreuver en nous brûlant les lèvres ?« 

19 mars 2019

« Cette nuit jusqu’au jour, je t’ai regardé danser nue, admirant le frémissement impudique de ton triangle d’or et de noir.

La journée a l’intensité éphémère d’une poussière de givre, je vois cette lumière sourdre jaillir de tes yeux et pénétrer, là où commence le trouble, là où naissent les beautés. Qu’importe le monde, tu danses nue et belle soulevant la poussière…

Cette nuit te regardant vivre et danser nue comme avant les dieux, ton triangle ombrageux au sommet de tes cuisses, tes jambes venimeuses s’agitent comme mille cent serpents. Te voilà dansante sur la glaise sans que le jour ne puisse t’ouvrir les yeux.

La journée fait la promesse d’imiter ta beauté mais les nuages refusent de quitter le ciel : ils veulent voir ton corps nu danser et répandre cette poussière de givre emplie de ton parfum. La valse ondoyante à l’horizon descend, les étalons tentent d’imiter tes pas, que t’importe l’aurore tu danses nue au frémissement de ton triangle d’or et de noir… tu danses nue et belle soulevant la poussière. Ta langue claque emplissant le ciel d’un soupir sonore où la pourpre se traîne au rythme de ton cul.

Dans un vacarme métallique s’argente l’océan qui soulève tes hanches et te hisse vers les cieux.

La lune rousse a puisé sa fraîcheur à ta source, et elle luit victorieuse sur ta nocturne danse. Les putains d’Argentine s’enfièvrent à ton tango et le vin et le sang se confondent en tes seins, qu’importe les promesses, que se lève le jour, tu danses nue et belle soulevant la poussière. Nul autre ne disperse ainsi son corps à l’Occident de cette musique folle. Qu’importe le grand incendie et l’éveil des tempêtes, tu danses nue et belle soulevant la poussière…« 

« Vous êtes Antigone à mon regard, Antigone c’est vous… Antigone joue sur les cordes de soie de la beauté des cendres. La jalousie des rois l’a chassée des aubes lumineuses, alors, alors, Antigone a fait des ténèbres et de l’éternelle obscurité l’empire des femmes à l’olympe de la féminité.

Elle garde en elle, le souvenir de son première éveil, de son premier désir, alors que le froissé de ses draps est encore humide de la rosée des plaisirs. Antigone a aimé la cendre en en saupoudrant ses seins, son souffle érotique soulève la tempête d’or qui se lève sur l’immense fleuve obscur. Antigone joue sur la corde de silence de la beauté des cendres.

Sa beauté est une insurrection contre les dieux, contre les temps, contre l’univers des hommes ! Sa sensualité est tendue sur la vague vermeille. Elle saisit la virilité de sa bouche splendide. Antigone est nue, à la renaissance du monde. Les jours ne succèdent plus aux jours depuis que la nuit fait l’amour à la nuit. Antigone porte en ses cuisses les ciseaux du soleil. Elle avance triomphante à l’orage des orchidées sauvages. Sa nuit est agitée d’épines, de parfums intimes et des odeurs féminines.

Aucun ciel n’est étranger à la beauté d’Antigone, les ombres des roses portent son parfum intime et ses odeurs féminines. Antigone joue sur les cordes de soie de la beauté des cendres…«