Plaisir saphique et initiation au triolisme

19h30. Ils passent me chercher. Sans transition, sans passer par les réseaux sociaux, je quitte le bureau pour m’immiscer dans leur voiture, et par la même occasion dans leur couple. Presqu’un an qu’on s’est rencontrée elle et moi, dans l’intimité. Un contact entre femmes seules sur Wyylde, nous avons échangé des messages en petite quantité, chacune très occupée dans nos vies respectives. Parfois, ces rencontres prennent leur temps, et j’aime ça. Aucune précipitation, elle a souhaité me rencontrer autour d’un déjeuner, histoire de voir si le contact passerait. De mon côté, je ne fais jamais ça. J’ai souvent l’impression que cela casse une certaine spontanéité qui n’est déjà pas de mise quand on utilise des interfaces virtuelles de rencontres. Et puis, les paramètres de la séduction étant si complexes pour moi, avec le risque qu’un mot de trop puisse gâcher l’envie, que je préfère en général la rencontre directe. Après, on peut faire connaissance.

En l’occurrence, rien n’a été gâché, au contraire. J’ai aimé son histoire : elle a envie de femmes, elle en parle à son conjoint et il lui laisse carte blanche. En toute transparence et complicité. J’ai envie d’être cette femme-là. On se donnera rendez-vous au Love Hôtel, pour une première fois haute en sensations fortes et émotions. Mes mains se souviennent encore de la beauté de sa peau, mes yeux des images reflétées dans les glaces de nos corps si contrastés, mon cerveau de ses frémissements de plaisir quand ma langue la parcourait avec gourmandise. Le seul inconvénient de ce lieu est le temps qui est compté. Quand elle est rentrée, elle a tout raconté à son mari. C’est une complicité que j’envie clairement, pour l’avoir déjà vécue, pas assez longtemps à mon goût. Je parle de la complicité inégalité de pouvoir partager son intimité en dehors du couple et dans le couple à la fois. Y penser pendant, y penser après. Une autre forme de triolisme finalement, par procuration. Quand on est cérébral comme moi, c’est un ingrédient qui fait du bien.

Bien que cela ne soit pas du tout prévu au départ, et c’est bien là aussi un intérêt à l’aventure, son mari a eu envie de se joindre à nous. Elle aussi finalement, elle aurait bien envie qu’il participe. Et puis elle s’est dit qu’elle serait sûrement jalouse. Les mois passent. On se cherche une date, on en fixe, on annule. Selon la période, nous projetons à deux, ou à trois. Mais je ne suis pas sûre du tout qu’il me plaise. Alors, je resterai à distance de lui, et nous nous occuperons d’elle. Pour une initiation au triolisme, c’est déjà un beau programme soyeux. J’ai encore le souvenir de notre première fois, sa peau ébène si douce, et sa sensibilité à fleur de peau surtout. Elle est de la famille de ses partenaires qui me mettent en transe avec leurs envies et jouissances. Ce plaisir du plaisir de l’autre. Quoi de plus excitant ?

C’est donc ce soir. Un dîner pour échanger des banalités presque, entre amis. On fait connaissance. On ne se séduit pas vraiment. Je mentionne tout de même quelques expériences coquines, histoire de rester dans le vif du sujet, ce qui n’a pas vraiment d’écho. Ils n’ont aucune expérience en dehors de leur couple, et ça fait plus de quinze ans que ça dure. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils attendent de moi, je les questionne : “aucun programme”, me répondent-ils presque en coeur. Je cherche à connaître leurs envies, et surtout leurs limites. Je n’aimerais pas tomber à côté. On se met d’accord sur un massage à quatre mains, puis improvisation, “au feeling” comme ils disent. Qu’à cela ne tienne !

Un joli appartement loué sur Airbnb, dénué de vie humaine, le strict minimum. Même pas d’allumettes pour les bougies, et aucune lampe d’appoint. On choisit l’éclairage de la tv et du couloir… c’est pas gagné pour ce qui est de créer une ambiance intime. J’ajoute de la musique “sensuelle”, d’après mes oreilles averties, ma playlist “frissons” qui propose tout un programme auditif orgasmique. Elle me montre leur boîte à jouets pendant qu’il se rafraîchit sous la douche, me demandant ce qui me fait envie. J’avoue que je préfère au naturel, ma peau, mon corps, mes doigts, mon inspiration… et il me semble qu’on a déjà bien assez à faire à trois ce soir. A-t-elle peur de s’ennuyer ? Devant mon manque d’enthousiasme, elle la remet à sa place initialement discrète. Le massage commence timidement à deux mains, la mienne et la sienne, sur son corps à elle. Je fais attention à ne pas le toucher, lui. On se croise sur sa peau offerte à nos caresses. Elle s’en délecte. Et nous ajoutons nos autres mains. Amplification des mouvements, elle entre plus profondément en sensibilité, ses sens se réveillent.

Aider par la musique qui m’entraîne vers le royaume de la sensualité, j’entame une danse corporelle, utilisant l’ensemble de mon corps pour l’effleurer. Mon visage et mes cheveux s’en donnent à cœur joie, par frôlement de peau à peau, et la transe commence. Le moment où tout bascule, où le mental arrête de contrôler, où le lâcher-prise prend le relais. Nos trois entités se rencontrent petit à petit et la timidité s’évapore pour laisser place au plaisir charnel, rien que lui. “Embrasse-la !”, me souffle-t-il… Belle invitation, à laquelle il se joint pour un trisou emporté. J’adore ces premières fois. Certaines configurations de trio ont ma préférence, je les y invite en silence. La parole n’a pas sa place quand les gestes suffisent. Nos reflets dans les glaces de chaque côté du lit ne font qu’augmenter la beauté de l’instant. Tout est fluide, pas de blocage, c’est une révélation : elle n’est pas jalouse ! Délicieux.

Ils ont aimé, beaucoup. Ils en veulent encore. L’invitation pour deux jours ensemble, à trois, est lancée dans la semaine qui suit. Tellement de choses à explorer encore. Pourquoi pas. Il ne reste plus qu’à trouver la nouvelle date.

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