Mon autre sexe, le cerveau

Cette nuit, on a fait l’amour en pensant à elle, sans que chacun le sache pour l’autre. Tu m’as réveillée avec la chaleur de ton sexe encore un peu endormi entre mes jambes. Je l’ai accueilli avec amour, douceur et humidité. J’aime quand le songe se mélange à la réalité, quand je ne sais pas trop si je rêve encore… De manière incontrôlée, mon esprit vagabondait vers les mots échangés avec elle hier, sur le tchat de Wyylde. Elle est une très jolie femme de 30 ans, en couple, très gourmande et dit aimer jouer un tantinet la salope. Notre proposition de sexe sans plastique lui a donné envie de tenter l’expérience et l’idée d’être emplie par la queue d’un autre que celle de son mari l’a beaucoup excitée. C’est cette image qui est venue nous visiter cette nuit. Ce matin, alors que j’évoque nos ébats nocturnes, tu me confies avoir penser à cette petite « salope » qui avait envie de ton sexe généreux. J’ai alors compris que nous avions eu la même pensée, sans se le dire, et cela nous a probablement excité autant l’un que l’autre.

Il est encore assez rare pour nous de tomber sur une fille comme elle, à supposer qu’elle soit réelle. Cela nous a bien émoustillé tous les deux, même si je reste prudente sur les contacts tant qu’ils restent virtuels. En revanche, j’adore les scenarii. Je les aime depuis longtemps d’ailleurs. Je situe mes premières tentatives de scenario aux alentours de l’âge de 10 ans. Oui, je sais c’est précoce. On jouait au « docteur » avec une amie de quatre ans mon aînée. J’étais l’instigatrice des histoires, je préparais cela pendant des semaines car nous n’étions pas proches géographiquement et nos entrevues étaient espacés de plusieurs mois. On se mettait dans le salon de sa maison en semi-obscurité, j’étais l’homme qui venait lui rendre visite et très vite, je mimais un acte sexuel torride. Toujours habillées, nous n’avons jamais été plus loin mais je me souviens parfaitement de l’excitation que je ressentais à préparer et imaginer ces situations. Leur réalisation n’était jamais à la hauteur de mon imagination, empruntée d’un soupçon de moralité et de culpabilité qui m’empêchaient d’apprécier pleinement la scène.

Cette cérébralité ne m’a jamais quittée vraiment. Selon la sensibilité de mon partenaire de couple, j’avais la liberté de l’exprimer ou non. Quelques situations coquines à la maison, à imaginer un inconnu entrer dans mon intimité, ont pu être vécues et partagées. Mais dans le cadre du couple, il m’était toujours délicat d’exprimer la présence d’une tierce personne, comme si cela était déjà une sorte de trahison ou d’infidélité. Alors je gardais mes images pour moi. Je les utilisais silencieusement pour atteindre l’orgasme déclenché par un cunnilingus notamment. Cet orgasme est l’un des plus cérébral chez moi. Il est en effet rare que je puisse le vivre sans image. Ce qui me fait dire que, pour moi, le sexe est bien plus cérébral que physique, qu’une même technique peut me procurer un plaisir dingue ou bien rien du tout, voire du dégoût selon la situation et l’état d’esprit dans lesquels je me trouve. Libérer de cette culpabilité qui serait de dire que je n’arrive pas à jouir avec la seule présence de mon partenaire, le champ des jouissances possibles s’élargit subitement.

La première fois qu’il m’a raconté une histoire à l’oreille pour la vivre virtuellement, mon maître a évoqué l’arrivée d’une fille dans la pièce où nous étions déjà en train de jouer sexuellement. Je n’avais encore eu aucune expérience réelle avec une fille en mode active. Il m’a laissé choisir sa couleur de cheveux. Une jolie brune. Je portais un gode ceinture avec lequel il s’était amusé en le suçant, ce qui m’avait déjà bien transporté dans mon plaisir masculin et cérébral. Il a suggéré qu’elle nous rejoigne et que je m’occupe d’elle. Je mimais les mouvements, avec une excitation presque indescriptible. Mon plaisir n’était alors que cérébral, et pourtant il était fortement présent. Ça me rend dingue tout simplement ! Jusque-là, tout se passe en silence pour moi, comme un film dont je serais une actrice muette : les histoires restent dans ma tête ou bien les mots viennent de l’autre.

Seulement voilà, tu aimes les mots. Plus que cela, tu adores jouir avec les mots. J’ai dû apprendre à parler, et cela n’a pas été chose facile. J’avais peur de ne pas être assez créative, de me répéter, d’être trop directe ou pas assez. Comment savoir ce qui te fait jouir, toi, dans ta tête ? Au début, je trouvais ça même bizarre, voire glauque, et puis frustrant aussi. Comment ? mon corps ne te suffit pas ? tu as aussi besoin de ma tête ? Je n’avais jamais partagé mes images, mes fantasmes, je les gardais précieusement pour moi. J’ai commencé par dire ce que je pensais être bienséant, je te parlais de filles… Mais rapidement, tu t’es mis à parler de garçons qui venaient s’ajouter à la scène et jouer avec moi. Exactement ce que j’avais en tête, et bien sûr je décollais à coup sûr. Si tu pouvais m’offrir ce plaisir cérébral si personnel, je devais donc pouvoir te l’offrir également. C’est comme tout, ça s’apprend.

Après quelques mois d’apprentissage, cette complicité est devenue naturelle, simple, débarrassée de mes préjugés moraux tels que « ça ne se fait pas », « c’est dégoutant », « c’est trop personnel », « c’est à la limite de la perversité non ? ». Il suffit que j’exprime à voix haute ce qui me vient à l’esprit sans y réfléchir : ce qui me fait jouir te fait jouir. Je n’ai pas à me forcer, ni à douter. Quand tu as besoin d’un angle différent, d’un ajustement, tu sais me l’indiquer : une plus grande dose de romantisme en te serrant plus fort contre moi et en ajoutant un « je t’aime », ou bien une plus grande dose de coquineries en te rappelant que je suis une belle « salope » qui assume sa gourmandise. Après tout, pourquoi mes pensées seraient-elles inavouables puisqu’elles me procurent autant de plaisir et réciproquement ?

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3 commentaires sur « Mon autre sexe, le cerveau »

  1. Des tableaux les uns plus excitantes plus inspiratrices que les autres. En les parcourant, tantôt on voit son profil peint tantot on a envie d’y prendre place. C’est dans ce moment que je me suis retrouvé il y a quelques instant car mon sexe a pris le dessus.
    Merci

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