Au commencement de ma vie, tu étais là – Episode 2

Si tu as raté l’épisode 1, le commencement joyeux est à lire ici.

Le jour où tout a basculé

Nous en restons là, c’était dit et ça n’avait pas vocation à aller plus loin. Un an sans échanger. Et nous nous voyons au cours d’un week-end prolongé en octobre 2014, une discussion anodine dans le jardin de ta mère où tu poses des clôtures. Sauf que j’ai envie de te toucher et que ça me prend aux tripes. C’est interdit de le faire mais pas de le dire. Alors, comme mon travail de développement personnel m’invite de plus en plus à être authentique, je décide de ne plus garder mes ressentis pour moi.

Une nouvelle fois, tu confirmes que ton envie fait miroir à la mienne. Cela me soulage, me rassure en fait. Je sais enfin que je ne suis pas seule, qu’il y a réciprocité. Nous sommes troublés tout en laissant tout cela de côté, sans possibilité d’en faire quoi que ce soit, et ce n’est pas l’objectif de toutes façons. Ne pas se méprendre. Il s’agit d’ouvrir son cœur, il s’agit de communiquer. Mais il n’est pas question d’agir, d’entrer dans la matière, de laisser nos corps prendre le dessus.

Nous voilà enfin en avril 2015. Le jour où tout a basculé. Je t’informe de ma venue, je suis seule car je viens de rompre une énième fois. Tu me proposes un dîner au restaurant un samedi soir, c’est inhabituel. En général, tu me prépares ta fameuse tarte aux pommes pour un goûter avec ta fille. Je m’attendais à ce que l’on soit trois, mais non tu es seul à venir me chercher. Sur le trajet, je te parle de ma nouvelle vie parisienne de débauches, le libertinage, les plans à trois, les filles, les cordes, le polyamour. Rien ne te choque, c’est probablement l’absence de jugement qui est notre point commun le plus évident.

Un tsunami dans ma tête

J’apprends enfin de ta bouche, après l’avoir perçu intuitivement, que tu n’es pas heureux. Elle t’a trompée et quittée il y a 10 ans, est revenue au bout de quelques mois. Tu restes pour ta fille, espérant pouvoir enfin vivre dans quelques années, quand elle sera partie. Je suis sidérée par tant de sacrifices, moi qui n’en fait aucun. Nous sommes aux antipodes question gestion de nos vies. Mais finalement, je traverse la période de célibat que je n’ai pas eu dans ma jeunesse, contrairement à toi.

Nous en sommes à ces confidences quand tu me propose d’aller danser. Les souvenirs reviennent de nos contacts si ambigus. Nous allons donc nous toucher. Je garde le contrôle, tout en ayant très envie de me laisser guider par mes sensations. Je ne ferais rien, car tu es en couple et c’est contraire à ma ligne de conduite. Mais avoir cette pensée, c’était faire fi des années d’attente et d’espoir dont je n’avais pas estimé le poids incroyable. Au moment où tu m’as embrassée, c’est un tsunami de 35 ans de souvenirs et de 25 ans de troubles, de doutes, d’envies qui a envahi mon cerveau. J’en ai eu des vertiges.

Il se passe que tu te laisses aller à ton amour. Tu me serres fort contre toi, en me disant qu’on a du temps à rattraper tous les deux. Des mots doux, un amour incommensurable qui déchire ma poitrine. Une évidence de tous les instants et de tous les temps. Un amour inconditionnel qui dure depuis 40 ans malgré la distance et l’absence. La patience a une saveur particulière cette nuit-là. Jubilatoire. Et pour le reste, ça n’appartient qu’à nous.

Trois semaines, pas plus

L’enchaînement se fait très vite. Je reste malgré moi une semaine pour m’occuper des obsèques de mon père, au cours de laquelle nous avons loisir de nous voir, de parler, de nous goûter encore, de jouir de notre bonheur, enfin réunis. Je renonce au polyamour pour toi, sans aucune difficulté. A la fin de la semaine, tu annonces à ta fille, à sa mère et à la tienne ce que tu vis avec moi. Elle ne te retient pas, au contraire. Personne n’a jamais été aussi sûr, déterminé et réactif en actions, pour moi. Je suis très touchée.

S’en suit trois semaines de déménagement pour toi, d’aller-retour pour moi, de mise en place d’une nouvelle organisation de nos vies. Et tu te retrouves seul dans ton nouvel appartement. Elle se rend compte de ton absence, de ce qui la lie à toi, du manque qu’elle ressent, de ce qui se passe réellement. Je sens alors le lien se couper. J’ai senti ton éloignement, par une absence de messages. C’est facile aujourd’hui avec les nouvelles technologies. Mais à bien y écouter, la connexion se rompt à l’intérieur de notre nous. Elle s’était mise en travers.

20 mai 2015, 19h11 : angoisse, mal au ventre, mal de tête à la limite de la migraine. 19h16 : grosse fatigue, lassitude. 19h38 : il a pris sa décision définitive, c’est fini. Il donne sa chance à Catherine. Pas de crise, juste de la tristesse et aussi beaucoup de compersion. Je veux qu’il soit heureux, avec ou sans moi. Si notre rapprochement les a aidés à se retrouver, alors j’en suis heureuse. Sincèrement. C’est la première fois que je ressens ce sentiment de manière aussi forte et limpide. Je ne veux que son bonheur, et il ne passe pas forcément par moi. Sa gratitude n’en est que plus grande, et son amour aussi. Je le sais et cela me suffit.

La passerelle en bois

J’ai sûrement perdu un ami. Il n’est plus possible de le voir tant qu’elle est là, je suis clairement devenue intolérable pour elle dans sa vie à lui. Je n’ai pas souhaité entretenir une relation épistolaire qui serait encore pour moi une forme d’adultère. Lui non plus. Mais ça ne change rien à nos sentiments, c’est aussi clair que l’eau de roche de cette magnifique région où je retourne de moins en moins. Maintenant, je le sais. Alors qui sait ? Peut-être qu’un jour tu construiras la passerelle en bois que tu as imaginée pour relier les maisons de nos parents, et nos vies par la même occasion.

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3 commentaires sur « Au commencement de ma vie, tu étais là – Episode 2 »

  1. Bonjour Lady,
    Étonnement je me retrouve dans cette dernière partie. Surtout cette fin..de rupture en réconciliation avec la femme que j’ai tant aimé.
    Mais ce qui est le plus important c’est de se dire et dire à l’autre « je tiens à toi, je t’aime, et c’est ce qui fait que je veux que ton bonheur avec ou sans moi »
    Et je n’ai pas pu lui dire encore, communication coupée A t elle était vraiment mise en place cette communication ? Pas sur.
    Ça fait 4 mois, je sens ce retour, qu elle se rapproche Mais je ne souhaite pas. Je ne veux plus de cela Je l aime .Mais mon instinct de survie me dit « stop, arrête de déconner et avance sur le chemin du renouveau »
    Merci belle Lady

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