Au commencement de ma vie, tu étais là – Episode 1

Dans le précédent article « télépathie et connexion », je disais avoir plusieurs fois ressenti quelque chose de très fort pour une nouvelle personne dans ma vie, qui ne manifestait pas la réciprocité et qui décidait de s’éloigner de moi pour des raisons aussi diverses que variées. Je pense à trois personnes : le premier homme de ma vie, celui que je connais depuis que je suis née, et deux de mes histoires à rallonge. La saga en trois épisodes, dont voici le premier.

Hervé

Le 26 avril 2015 à 4h54, j’écris dans le journal intime qu’est devenu mon profil Facebook : « Comment être plus heureuse que lorsque l’homme que vous connaissez depuis votre naissance et que vous attendez depuis 25 ans se décide enfin à laisser son amour s’exprimer et vivre ses envies, après lui avoir fait des appels du pied plus que clairs depuis un an et demi ? ». Le lendemain à 13h23, je publie l’annonce de la mort de mon père que je viens de trouver chez lui. « La mort nous rend encore plus vivant. Elle n’est que le début d’autre chose. ». Tu m’étonnes ! Je traverse les montagnes russes de l’émotion. Si fortement inversées à quelques heures d’intervalle, du pur bonheur à la plus grande tristesse, via deux hommes que je connais depuis ma naissance. Je suis au comble du paroxysme.

L’enfance

On se voit à chaque week-end prolongé ou vacances scolaires que je viens passer très souvent dans les Vosges. Tu es le fils de nos voisins. Nos maisons ne sont séparées que d’un chemin, c’est facile. D’aussi loin que je me souvienne, j’étais tout le temps fourrée chez vous. Un temps avec ta petite sœur, plus proche de moi en âge. Toi, tu étais le grand copain réservé, de 7 ans mon ainé. Autant dire que tu te souviens de moi bébé, et même de mes premiers mots. Nous étions si complices, tout gamin, que nos parents s’amusaient régulièrement à nous imaginer mariés plus tard. Une évidence quoi.

Pourtant, il ne s’est jamais rien passé. Nous étions confidents, très proches intellectuellement, à refaire le monde en long, en large et en travers. Nous échangions une à deux correspondances par an, pour les grandes occasions à fêter. Rien de plus banal. Pas d’autres contacts. Et pourtant dès que j’arrivais, après la joie de retrouver l’odeur de la forêt que j’aime tant, c’était bien l’espoir de te voir qui me faisait vibrer. En grandissant, tu étais moins présent mais toujours là quand même.

Avec toi, j’ai fait mes premiers essais à ski de fond, mon premier tour de moto sur les chemins de montagne, les cueillettes de myrtilles dans les coins que seul tu connaissais. Nous avons partagé des chouilles avec tes potes, nous avons dansé le rock et mangé la soupe à l’oignon à 6h du mat. Il nous arrivait parfois de nous toucher, par la force des choses mais pas de ma manière intentionnelle. Je sentais toujours une retenue entre nous, comme une sorte de pudeur. Je ne savais pas ce que tu ressentais pour moi. Tu n’en parlais jamais.

Chacun sa vie

Tu es resté longtemps célibataire. Je te connaissais quelques copines, pour lesquelles je ressentais une légère pointe de jalousie. De mon côté, je ne t’ai pas attendu, évidemment. Mais j’espérais toujours un peu quelque part qu’un jour tu m’avoues tes sentiments et ton attirance pour moi. Bien que j’en ai souvent douté, puisque tu restais passif. Mais le trouble entre nous restait présent, à mesure que nous vieillissions. Ce quelque chose qui relève de la séduction, sans la nommer, sans se l’avouer surtout.

Puis, tu as rencontré la mère de ta fille. Je n’ai pas connu les détails de votre histoire, jusqu’à ce fameux mois d’avril il y a trois ans. Je venais moins souvent aussi, et tu étais fort occupé à devenir papa et à construire la maison pour ta nouvelle famille. Toutefois, il m’a toujours semblé qu’elle était presque un choix de dépit. Approchant la trentaine, il fallait bien que tu te cases, et tes amis t’y poussaient grandement. Un beau garçon comme toi est un trop beau parti pour rester célibataire.

J’ai continué à penser que tu m’attendais. Lors de mes visites chez vous, je ne te sentais pas heureux. Votre couple ne rayonnait pas l’osmose, la complicité, l’entente. Elle était sarcastique à ton égard, déblatérant perpétuellement sur ton dos, en ta présence. Ce comportement m’a toujours surprise, et touchée. Comment pouvait-elle parler ainsi de toi ? Je le supportais mal et nous évitions les visites quand elle n’était pas de garde. Il devait parfois se passer deux ou trois ans sans se voir. Mais pour moi, cela n’avait aucune importance, puisque tu étais toujours là quelque part.

Le déclenchement

Malgré tout, je percevais quelques allusions chez toi qui me faisait peur. Tu as eu un projet professionnel d’association, et naturellement tu m’as demandé mes conseils à ce sujet. Au détour de ces conversations, tu avais glissé qu’il faudrait que je t’héberge si tu coulais la boîte. Je n’avais pas relevé, mais cette phrase m’avait laissée perplexe. C’est après ça que j’ai décidé d’ouvrir mon cœur. Non pas pour qu’il se passe un truc entre nous, mais juste par envie de ne pas mourir sans t’avoir dit mes sentiments passés.

Novembre 2013 : « Je me rappelle souvent les discussions qu’on avait. Cette envie de se voir même avec les espaces temps et l’absence de nouvelles. Et ça dure encore pour ma part, je ne peux être dans les Vosges sans avoir cette envie de passer te faire un coucou, même si ça n’a pas toujours été possible. Tu es le seul ami à me connaître depuis ma naissance et notre complicité n’a jamais disparu. Comment expliquer cela ? J’ai entre-aperçu la notion d’amour universel ou inconditionnel. J’aimerais en parler avec toi. Connaître ton point de vue là-dessus. Je sais avoir été amoureuse de toi étant petite par le sentiment de jalousie que j’ai ressenti quand tu as eu des amies, mais j’étais très jeune. Je me demande ce qu’il en était pour toi. Toutes sortes de questions pas si faciles à poser mais qui, aujourd’hui, me tiennent à cœur, tout simplement parce que cela fait trop longtemps que je n’ose le faire. »

Ce à quoi il répond une semaine plus tard : « Tes questions, je me les suis posées aussi et il est encore moins facile d’y répondre. J’ai à peu près les mêmes symptômes que toi. J’ai toujours attiré les enfants sans comprendre pourquoi. Tout naturellement, tu es tombée dans ce piège comme les autres. Mais dès le début, je me suis rendu compte que tu étais différente des autres. Ou je me suis comporté avec toi de manière différente. Tu es vite devenue ma petite protégée. Quand tu étais très petite, je t’ai souvent prise par la main, portée pour franchir un obstacle ou quand tu étais fatiguée. Est-ce ce contact physique qui laisse des traces indélébiles dans notre mémoire et nous donne la sensation d’avoir une relation atypique ? Je ne sais pas. Ce que je m’explique le moins, c’est cette sorte de magnétisme vis-à-vis de toi. Adolescent, je n’enviais pas mes copains qui partaient en vacances, j’avais la plus belle des parisiennes qui venait presque un mois l’été, avec qui je passais énormément de temps, mais surtout du temps qui m’était très agréable malgré une différence d’âge conséquente. Ensuite, tu es devenue adolescente, tu ne venais plus aussi régulièrement en vacances, et pour couronner le tout, accompagnée d’un copain. J’avoue que le Tanguy que j’étais était jaloux. J’ai une image où il y a l’amitié d’un côté, l’amour de l’autre, et au milieu une barrière. Pour ma part, je me situerais sur la barrière. »

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3 commentaires sur « Au commencement de ma vie, tu étais là – Episode 1 »

  1. Magnifique histoire .
    Pour moi mon premier véritable amour fut la dernière hélas. Terminée trop tôt et pourtant si intense
    Merci de ce partage

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