De la perversion de l’amour

« L’Amour, c’est un pervers narcissique. Il te donne de petits moments de bonheur immense, pour que tu ne puisses plus te passer de lui. Il te fait vibrer puis il te fait douter. Il te fait te sentir vivant.e, puis il te traite comme une merde». J’ai lâché une bombe à 8h33, en plein petit déjeuner, le résultat d’un état de déception. Je ne vous ai pas lu tout de suite, j’ai laissé passer la journée. Et j’ai souri de vous voir arroser mon univers virtuel de ces réflexions tant répandues sur l’Amour. L’amour inconditionnel, celui qui donne des ailes. Le « vrai » amour, celui où l’on s’aime d’abord pour ne pas être dépendant de l’amour de l’autre. L’amour qui n’est pas autre chose que lui-même, incorruptible, la force de vie, la source de tout, le symbole de la liberté absolue. «C’est pas la faute à l’amour ! dites-vous en cœur».

L’Amour n’est pas une personne, il est plus grand que cela.

C’est plutôt l’idée d’une confusion entre l’amour et, faites votre choix : le sentiment amoureux, la dépendance, l’attente qui déclenche la déception. Mais aussi, l’autre qui est l’objet de cet amour, soi que l’on n’aime pas assez pour rencontrer l’amour de l’autre. Mais encore, la relation que l’on confond avec les sentiments, la passion qui ne dure jamais. Et pour finir, la place de la séduction et des manipulations, véritables leurres au cœur. L’Amour n’est pas une personne, il est plus grand que cela. Non mais sérieux les gens ? ça sort d’où tout ça ? De jolis préceptes inculqués depuis des lustres par des dogmes, tous aussi nombreux qu’ils soient. Moi je ne vois rien de tout cela, je suis désolée. J’ai beau cherché, observé, questionné. Enfin si, de manière éphémère, dans un instant, sur une période plus ou moins longue où l’on se berce d’illusions qui amènent immanquablement à la déception et à la douleur. Chacun s’en remet, à son rythme, ou pas.

J’ai lu tout cela, dans des livres, des articles, des commentaires magnifiques, depuis longtemps. A cela s’ajoute la notion d’âme, l’incarnation dans un corps de souffrance et de plaisir. De la Source, l’âme choisit de quitter le paradis, là où tout est pureté, beauté, éternité, intemporalité, pour venir vivre la non-dualité. Un enseignement tantrique, de ce que j’ai compris. Le mal n’existe pas sans le bien, l’ombre sans la lumière, l’amour sans la haine. Ce que j’ai perçu ce matin à 8h et quelques, c’est le principe de non-dualité dans chaque notion, et notamment dans l’amour. Je décrète donc, puisque je ne le tiens pas d’un enseignement, que l’amour est un pervers narcissique. Et je compte bien développer. J’imagine que d’autres l’ont écrit avant moi, encore faut-il en avoir la connaissance. Alors, tant pis si cela n’a aucun sens ou si j’enfonce des portes ouvertes. Il faut que ça sorte.

L’amour est un pervers narcissique

Des définitions données par l’encyclopédie, je retiens que la perversion est issue du verbe « pervertir », qui signifie littéralement « détourner ». Il peut s’agir d’une déviation des instincts conduisant à des comportements immoraux et antisociaux ou à la transformation de sens subie par un discours ou la manipulation, l’abus et la cruauté. Or, l’amour fait souffrir, non ? il suffit de consulter les innombrables supports qui en parlent pour ne plus en douter. Roman, poème, conte, écrit philosophique, film et chanson sont emplis d’exemples. Et si l’amour manipulait pour obtenir l’inverse de son objectif, la douleur. Et si l’amour était pervers ?

Le narcissisme relève de la confiance en soi, sauf quand il est défaillant. L’amour est narcissique quand il accorde une importance excessive à son image. C’est bien ce que tous m’ont dit : l’amour est tout, partout. Il semble être la plus belle des choses à nourrir. Rien n’est plus important, rien n’est plus grand. Cela fait l’unanimité apparemment. Quelque chose m’échappe encore. « Aimez-vous les uns les autres », simple et pourtant si difficile à appliquer visiblement. WTF ? c’est quoi ce bordel ? Et si l’amour avait comme besoin d’être nourri par nos énergies, tel un ogre insatiable à l’instar de ces assoiffés de pouvoir qui jouent toujours le rôle du méchant, même dans les dessins animés. Surtout dans les dessins animés.

L’amour est partout et régit tout, il se veut incontournable.

Je décide donc d’entamer une transposition des caractéristiques du pervers narcissique à l’amour. En résumé, c’est un manipulateur à l’ego surdimensionné, qui use de son pouvoir de séduction pour régner et, en cas d’échec, devient harceleur pour déstabiliser l’autre, le rendre dépendant, le détruire moralement. Alors, rien qu’à la définition, mon analogie se révèle fructueuse. L’amour est partout et régit tout, il se veut incontournable. Impossible de lui échapper, Cupidon veille avec ses flèches empoisonnées. Je vois clairement la dépendance à l’amour, puisqu’il est difficile de vivre sans. Qui n’a jamais perdu confiance en lui dans le célibat et la solitude ? Combien plongent dans d’autres addictions pour avoir perdu leur amour ? Non, pas l’objet de leur amour, mais l’amour tout court. L’amour se débrouille toujours pour avoir raison, il ne se remet jamais en question. Il sème un sentiment de culpabilité chez ceux qui ne l’éprouvent pas, venant à se demander ce qui cloche chez eux.

Comment nous piège-t-il ? Il s’empare de notre espace mental, arrivant à oublier qui nous sommes. Aimer à en perdre haleine, cette vibration où le sens du temps et de l’espace nous échappe. La sensation de puissance ressentie quand on le touche enfin. Il ne faudrait jamais y avoir goûté, pour ne pas en devenir dépendant. Tant de réalisations ont été possible au nom de l’amour, de mots, d’actions, de créations, de folies plus grandioses les unes que les autres. Et que penser quand le chagrin d’amour arrive, les questions affluent de savoir où l’on s’est planté, si on a vraiment aimé. Parfois même à se demander comment on a pu faire tout ça. C’est vrai, quand on y pense. L’amour nous percute au plus profond de nous, tel un déstabilisateur incroyable, aussi fort à l’arrivée qu’au départ. On le sait et on en redemande pourtant.

L’amour ignore les demandes

J’ai trouvé assez drôle de lire les titres de cet article en remplaçant pervers narcissique par amour. L’amour culpabilise sa victime en inversant les rôles, seule la victime est responsable de la situation. L’amour ne communique pas clairement, nie les évidences, il fait en sorte que sa proie soit perpétuellement en train de chercher à le comprendre. A chaque personne ou situation, un comportement différent, il est insaisissable. L’amour est armé de raisons logiques, ainsi sa cible accepte des choses qu’elle n’aurait jamais approuvées normalement. Vous devez être parfait. Il critique et dévalorise, il insinue le doute sur votre personnalité. Il divise pour mieux régner, il se positionne en victime. L’amour ignore les demandes, utilise les principes moraux des autres…. Il peut être jaloux, obsédé par l’image social et s’énerve rarement. L’amour vampirise votre énergie et finit par vous faire du mal.

Ceci n’est peut-être finalement qu’une mascarade, mais aura le bénéfice d’exister. Prouvez-moi le contraire !

Les liens cités dans cet article, et ceux que tu pourrais aimer :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Perversion

http://www.perversnarcissique.com/test-pervers-narcissique/

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« La relation la plus intime entre deux personnes, ce n’est pas la relation sexuelle, mais la mise à nu émotionnelle – Nos Pensées »

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2 commentaires sur « De la perversion de l’amour »

  1. Sujet grave. L’amour sans bienveillance est un pervers narcissique. Comment éviter le double écueil du sentiment amoureux entre le paroxysme de l’inclusion au soi, qui enferme l’être aimé dans une possessivité jalouse, et l’attitude altruiste?
    Je n’ai pas réellement trouvé de réponse.
    Y a -t-il une 3ème voie entre la jalousie et l’altruisme?
    Devenir amoureux, se laisser envahit par ce sentiment est une belle aventure. Oui, l’amour est nourri par nos énergies. Mais la dé-liaison est souvent douloureuse. Etape pourtant indispensable pour ne pas devenir dépendant.

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