Le Love Hôtel

Le lendemain de notre première sortie en extérieur en milieu libertin, je fixe un prochain rendez-vous coquin dans notre calendrier partagé. Puisque cela s’est bien passé, que Paul a semblé être à l’aise en club humide, bien que nous soyons restés enfermés seuls dans une des cabines disponibles, l’envie continue d’être alimentée par nos explorations à deux. Je prévois donc qu’en ce vendredi soir du mois de mai le dix-sept, nous aurons au menu : “Soirée coquine surprise (que tous les deux)” avec l’indication du lieu Paris 1er. Il accepte sans poser de questions. Il me fait confiance, depuis le début. Une semaine avant ladite date, je complète par “réservation confirmée de 21h15 à 00h15 (dîner à prévoir avant)”. Toujours aucun commentaire de sa part, et c’est très bien ainsi, car j’adore faire des surprises, créer le scenario dans ma tête et le savourer à l’avance.

Au matin du jour J, il me demande quand même où l’on se retrouve, question de logistique. Je souris, me rapproche de lui et balance d’une voix mystérieuse : “Vous recevrez des instructions dans la journée”, suivi d’un baiser rassurant. Je viens d’improviser totalement la scène, car je n’avais rien prévu de spécial. J’ai donc maintenant toute la journée pour enjoliver un plan qui tienne plus ou moins la route. Cependant, la matinée est bien trop occupée professionnellement pour que j’ai une minute à moi. Mon esprit se met donc à s’échauffer à la pause déjeuner… J’ai bien envie de lui donner rendez-vous devant l’Eclipse, histoire qu’il pense qu’on retourne au sauna et qu’il ne se doute de rien. Paul n’est pas un grand lecteur du blog de Lady, il ne sait probablement pas grand chose des lieux que je fréquente ou pas. Il n’est pas curieux dans le sens fouineur, il préfère que je lui fasse vivre et découvrir, plutôt que d’avoir connaissance de mon passé. J’ai donc quand même peu de risques qu’il devine mon dessein.

Dans l’après-midi, je lui envoie via mon e-mail de “domina” (qu’il ne connaît pas) : “Monsieur, avez-vous déjà été acheté quelque chose dans un sex-shop ?” signé Madame. Sa réponse ne se fait pas attendre et n’est absolument pas surprenante : “A qui ai-je l’honneur d’abord Madame ?”. C’est pas gagné, me dis-je instantanément en souriant. Je tente de me positionner comme je peux sans grand espoir qu’il se soumette : “Monsieur, je vois que la formule de politesse habituelle comme un “bonjour” n’est même pas appropriée à la réponse à mon message… cela n’augure rien de bon…Vous ne connaissez donc pas Erell ?”. Il ne répondra pas, mais dans un autre e-mail envoyé en parallèle, il daigne m’informer d’un “non” sec, en guise de réponse à ma question initiale. Je devrai m’en satisfaire. J’aime les premières fois, j’adore les premières fois : “Parfait ! Vous est-il possible de vous rendre à cette adresse (88 rue St Denis – Paris 1er) vers 19h30 en vue d’acheter un tube assez grand de lubrifiant ? Une fois que cela sera fait et confirmé via cet e-mail, le point de rendez-vous suivant fixé à 19h45 vous sera communiqué en réponse”. Il confirme simplement par un “très bien, c’est noté”.

Évidemment, il n’a pas suivi les consignes à la lettre, mais je ne le saurai que plus tard. De mon côté, tout se déroule selon mon plan. Nous nous retrouvons devant l’Eclipse, lui avec le lubrifiant emballé en mode paquet cadeau, moi avec mon sac à dos rempli de cordes, plugs et godes ceinture. Je le dirige vers un restaurant que je connais situé juste à côté, dans lequel nous dînons de manière tout à fait naturelle, lui légèrement stressé et amusé par la situation, moi complètement hystérique dans la réalisation de mon premier petit scenario avec lui. Il a visiblement échangé sur le ton de l’humour avec le vendeur sur la qualité des lubrifiants proposés, notamment pour l’effet “glissant” escompté. Je jubile à imaginer cette scène à laquelle j’aurais aimé assister. En sortant du restaurant, il se dirige sans attendre vers l’Eclipse. Mais ce serait bien trop facile, “Monsieur je contrôle tout” ! Je le pousse avec un sourire narquois dans la direction inverse, empruntant un bout de la rue St Denis. C’est là qu’il me montre le sex-shop où il a acheté ma commande, pas du tout celui que j’avais indiqué. Il dit s’être méfié et avoir décidé de ne pas suivre mes instructions, histoire justement que ça ne soit pas trop facile non plus pour moi… Nous en rions, mais je lui fais toutefois remarquer que cela aurait pu être une erreur stratégique grave… qu’à l’avenir, il ne devrait pas trop s’y laisser aller…

J’ai réservé “le royaume des miroirs”. Ma chambre préférée pour son double intérêt : des glaces partout, et la possibilité d’ouvrir un volet roulant pour se livrer à nos fantasmes d’exhibition et de voyeurisme, selon l’humeur de chacun. C’est bien la première fois que j’ai à attendre aussi longtemps avant de pouvoir investir les lieux. Le couple nous précédant n’en finit pas… Soit ! Cela nous fera sortir trois quart d’heures plus tard que l’heure prévue. Paul semble à l’aise, comme à son habitude finalement, ce qui me surprend encore. Sous ses airs de ne pas y toucher, je pourrais facilement croire à une certaine réserve de sa part. Jusqu’à présent, ce ne fût le cas qu’en présence de personnes dont le comportement a pu lui paraître déplacé, insistant ou inconvenant, ce qui déclenche une fermeture instantanée et hermétique qui peut durer un certain temps chez lui. Rien de tout cela donc ce soir, l’humeur est parfaitement légère et coquine. Nous investissons enfin notre salle de jeux, qui semble lui plaire au premier coup d’œil, au point qu’il se jette nonchalamment sur le lit après s’être rapidement dévêtu. Il se fait reprendre immédiatement pour un passage obligé sous la douche ! Non mais ! on n’est pas à la maison là, Monsieur !

J’ai espéré que la situation l’érotise un brin, mais je n’ai pas anticipé que cela soit à ce point. Il me saute littéralement dessus à la sortie de la douche, ne prenant pratiquement le temps d’aucune exploration préalable à une bonne pénétration, comme si nous étions pressé d’en finir, comme si nous devions déjà dormir ? Mais qu’allons-nous faire ensuite des deux heures et quelques restantes dans ce lieu qui n’est jamais aussi confortable que notre propre lit ? Je me pose la question… puis me ressaisis rapidement. Je sais que Paul a de la ressource, et que je peux compter largement sur un deuxième round sans avoir à patienter trop longtemps. Alors que tous les jouets sont exposés sur un coin du lit, attendant sagement leur tour, il m’interroge sur celui dont j’aurais envie, là maintenant. Mais à la base, tout cela lui était principalement destiné. Il prend encore le lead de la situation et moi au dépourvu. Il entreprend donc de me faire jouir, ce qu’il n’a jamais de peine à réaliser. J’entends nettement les gémissements de la femme dont la tête doit se trouver juste derrière le volet fermé. Je l’imagine en train de se faire lécher ou prendre, à tour de rôle, lécher et prendre. Je les imagine, et cela me suffit amplement à nourrir mon imagination sexuelle. J’aime entendre, rarement voir. L’ouïe est pour moi bien plus stimulante que la vue, tout simplement parce que je préfère les images qui me viennent que la réalité. C’est alors que je jouis sous sa langue, sans même avoir eu le temps de penser à ouvrir le volet.

Sans répit, j’inverse la situation. Au-dessus de lui, j’accapare son corps, le touchant au plus de pores que je peux, dans un corps à corps de peaux chaudes et excitées. Je le sers de mes mains, l’empoigne dans sa chair, aux bras, au torse, aux flancs, aux cuisses. Par de lents va-et-vient corporels, je l’envahie petit à petit de ma transe, de mon ivresse, de ma sensualité. Utilisant ma bouche, je quitte ses lèvres enivrées de baisers langoureux pour le parcourir au creux de son cou, puis aux tétons que je connais si sensibles. La hardiesse de son sexe me confirme le retour de son excitation certaine. Tout à coup, je me sens prise d’une folle envie de le mordre pour de vrai. Autre chose que les mordillements dont nous avons maintenant l’habitude. Quelque chose de bien plus fort, plus bestial, plus primal. Oui, soudainement prise d’une sorte de névrose de la morsure, je me laisse emporter et n’en reviens pas de toute cette “violence” à laquelle il ne dit pas non. Au contraire, il se fait embarquer aussi et me lâche dans un souffle : “Prend moi !… J’ai envie que tu me prennes !”… Je ne me fais pas prier. Il se positionne alors sur le ventre, une cuisse légèrement remontée sur le côté. Je n’ai pas envie de timidité ce soir, pas dans l’état où nous en sommes. Et puisque ce n’est pas la première fois non plus, je lui ordonne, pour le coup fermement, de se mettre le cul bien en l’air… (ça c’est quand même une première fois) ! Après quelques résistances, histoire de râler un peu et de montrer qui décide (bordel de merde), il s’exécute néanmoins et restera longtemps dans cette position, à encaisser mes doux assauts.

Ah ! J’en ai passé des bons moments dans ce lieu atypique. Parce que je n’ai finalement rien trouver de plus pratique, central et satisfaisant pour tout le monde, j’y ai donné souvent des rendez-vous de début de soirée, pour une heure, deux heures, jamais trois avant aujourd’hui, une nuit (une fois). Pour un premier rendez-vous avec des femmes seules ou un trio (prévoir un supplément néanmoins). Pour une pratique particulière aussi (bien plus confortable que chez soi pour une fontaine, un plan à trois ou un massage prostatique, sans parler de l’existence d’un donjon minimaliste mais suffisant). Pour quelques heures de plaisir quand on n’a pas envie de passer le reste de la nuit avec l’autre. Cela présente ses avantages, qui peuvent parfois être des inconvénients. Le temps est compté, et d’avance, alors qu’il est si difficile d’anticiper la durée du plaisir déclenché par une rencontre. Deux heures m’ont toujours paru trop court, trois heures serait donc l’idéal. Nous avons failli nous y endormir… c’est à ce moment précis que je regrette de ne pouvoir encore me téléporter. Un jour peut-être…

 

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2 commentaires sur « Le Love Hôtel »

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