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Le papillon au plaisir d’aimer

Le papillon au plaisir d’aimer

Le papillon au plaisir d’aimer

Le papillon

Depuis son avènement sur cette terre, papillon fuyait le jour, lui préférant la fraîcheur de la nuit dans laquelle il se reposait et se fondait. Mais, à l’aube d’un réveil tardif, il aperçut une fleur. Elle lui paraissait belle et douce. Il voulut butiner son cœur.

Il savait que le jour ne pouvait qu’être dangereux pour lui. Pour s’en protéger, il mettait son costume de lion. Celui qui l’avait protégé jusque là lors de ses sorties diurnes. Il avait l’habitude de sortir les crocs, de protéger son clan, de faire face et de ne jamais offrir ses flancs.

Mais il avait oublié qu’une fleur n’a que faire d’un lion. Lorsqu’il s’approcha d’elle, il se chaussa de velours pour ne pas prendre le risque de l’étouffer. De peur de la voir s’éteindre, il se posa devant elle et taisant son dernier rugissement, il se laissa aller à ronronner. Personne n’avait vu un lion ronronner jusque là…

Papillon prit le risque de se dévoiler à la fin du jour et la fleur lui laissa apercevoir son cœur. Papillon grandit à la source de cette fleur, bercé par le bruissement et la musique délicieuse de ses pétales dans le vent de la nuit naissante.
Papillon s’enhardit à butiner le nectar de la douce fleur qui l’enivrait un peu plus à chaque tombée du jour. Il osait désormais vivre sous les rayons d’un soleil nouveau pour lui. La chaleur des rayons chauffait ses ailes et faisait briller de mille couleurs des reflets inconnus.

Papillon cru pouvoir vivre sans fard, sans costume le jour. Il oublia le lion et ses crocs. Mais à trop couvrir la fleur, il ne laissait plus les rayons du soleil la faire grandir. Et à trop s’exposer au soleil, il se brûla les ailes. Dans la noirceur de la nuit, il dû retourner se cacher. Le lion ne savait plus ronronner et le papillon ne pouvait plus voler.

Papillon regardait tendrement la fleur s’épanouir et reprendre sa vigueur. Loin d’elle, il soignait les plaies du soleil sur ses ailes. Le lion quant à lui, savait ses flancs meurtris et sa gorge nouée. Il ne savait plus que rugir de douleur pour masquer ses pleurs et ses peurs. Dos au mur, le fauve ne savait que sortir ses griffes acérées.

Papillon savait que la fleur au fil des jours l’avait fait réfléchir et douter, rire et pleurer. Papillon se languissait du plaisir passé, de sa douceur et de sa volupté. Papillon comprit un peu tard qu’il ne fallait plus peser sur elle au risque de l’étouffer. Dans ses réflexions nocturnes, il comprit qu’elle était la seule fleur à ne pas devoir lui appartenir, qu’elle était la seule fleur à mériter son désir, la seule fleur qui le fit souffrir, la seule fleur à qui il avait confié le secret du lion, la seule fleur dont il aimait le sourire et le chant de son rire, la seule fleur qui cachait autant de couleurs, la seule fleur qui pût un jour l’attendrir.

Car si la fleur qui choisit à qui offrir ses couleurs, brille de mille feux dans ses yeux, papillon sait qu’en son cœur, elle cache bien plus que de l’or.

« Le plaisir d’aimer »

On dit souvent qu’aimer vient du cœur. C’est beau car ça signifie que l’être aimé anime ta vie et te fait vivre.

Aimer, c’est donner sans rien attendre en retour. C’est vouloir le bonheur de l’autre et lui apporter du plaisir car cela nous rend simplement heureux. C’est sentir son ventre vibrer de plaisir quand on entend la voix de l’autre ou se nouer de douleur d’une absence trop longue et sans nouvelles.

Aimer, c’est ne pas voir le temps passer et vouloir qu’il s’arrête pour prolonger un peu plus un instant partagé. Aimer, c’est sentir son corps frissonner à l’approche ou au contact de l’autre.

Aimer, c’est non seulement accepter ses défauts mais les aimer aussi. Car on ne peut pas aimer en espérant que l’autre change ou se transforme. Aimer, c’est aimer un tout, un être, ses bons et ses mauvais côtés car la perfection n’est pas de ce monde. Aimer, c’est partager des envies, des idées, des goûts, des moments. Aimer c’est accepter d’écouter et d’apprendre de l’autre. C’est en avoir envie aussi, car on s’enrichit des différences. C’est vouloir entrer dans son monde, partager ses différences et ses envies. On aime rarement son reflet dans le miroir mais on aime se voir au travers les yeux de l’autre.

Aimer, c’est vouloir faire plaisir en s’améliorant sans jamais essayer de changer car on ne change pas et le naturel revient au galop. Aimer, c’est être soi-même, c’est vouloir protéger, envelopper sans étouffer, endurer à la place de l’autre, essuyer ses larmes, distraire et faire rire, se satisfaire d’un « oui » …ou d’un « non »… 😉

Aimer, c’est avoir envie d’être deux, de ne pas vouloir n’être que « 1 +1 » en couple tout en gardant son autonomie et sa liberté. C’est accepter les envies et les besoins, c’est vouloir être 2 sans renoncer à être soi-même, c’est avoir envie de dire « je t’aime » chaque seconde sans se retenir, c’est le penser et le dire avec les yeux, le toucher, l’écoute. Aimer, c’est être attiré irrésistiblement et ne pas vouloir lutter contre ce besoin, cette envie.

Aimer, c’est un geste, une attention, un café, un sourire, un bonbon. Aimer, c’est vouloir et savoir quand offrir une épaule, un sourire, une caresse sans que rien ne soit demandé.

Aimer, c’est se remettre en question.

Aimer, c’est attendre un appel, un message. Aimer, c’est sursauter quand le téléphone vibre ou sonne, c’est aussi être déçu quand ce n’est pas l’appel ou le message tant attendu.

Aimer, c’est se dire « je ne peux pas dire pourquoi, je ne sais pas pourquoi ». Aimer, c’est pourtant le savoir au fond de soi. Aimer, c’est une évidence. Aimer, c’est dire, je rêvais, je vis, je voudrais.

Aimer c’est jouer. Aimer, c’est être tous les jours un enfant qui s’émerveille. Aimer, c’est tous les jours Noël.

Mais aimer c’est aussi un sentiment égoïste : « Je suis bien car j’aime et/ou je suis bien parce qu’on m’aime »…

Et comme je dois finalement avoir un fond d’égoïsme, alors j’affirme que je suis bien car je t’aime… de tout mon être et pour tout ce que tu es et tout ce que tu représentes pour moi.

Extraits des textes écrits par Yvan Desroses et gentiment partagés pour le blog

Voyage en mots troubles : des maux, des mots, démons

Lettres à L. : Une trop longue absence

Autre texte déjà publié ici.

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