Sophie soumise, la signature

Un contact sur Facebook pour une séance photo. C’est quasi journalier depuis presque deux mois que je suis passée derrière l’objectif pour photographier des hommes nus en priorité. Parce qu’il n’y en a pas assez à mon goût, à destination de tout public, sans distinction de genre. Du nu artistique comme on dit, dans lequel j’essaie de montrer la sensibilité, la douceur, le féminin dans le masculin. La plupart des candidats ont plus de 50 ans, et cela me va très bien. Je fais surtout attention à la personnalité de mon sujet, sa capacité à être sensuel et expressif surtout. Elle m’a convaincu avec une photo où elle arbore un magnifique porte-jarretelles violet. L’autoportrait était suffisamment de qualité pour que j’accepte une séance photo en Provinces. Elle m’accueillera chez elle, le temps d’un long week-end, du vendredi au lundi matin, car elle travaille le soir mais pas le dimanche.

Trois semaines de virtuel

Le rendez-vous est fixé pour dans trois semaines, ce qui nous laisse le temps de faire connaissance à travers les réseaux sociaux, et par deux fois au téléphone. En fait, elle a très vite été demandeuse aussi d’une relation de soumission. Je l’ai invitée à lire mon contrat, afin de m’assurer que nous sommes sur la même longueur d’ondes. Elle en prend connaissance, et m’informe que la finalité sexuelle est très importante pour elle. Pour moi, ce n’est pas une finalité, et je le précise bien dans un des articles du contrat. Je l’invite donc à me faire confiance, puisque j’ai mentionné que cela est possible selon mes envies. C’est donc à elle de faire en sorte que j’en ai le désir. Avant de s’engager, un entretien téléphonique est de mise. Nous avons à vérifier si l’alchimie de l’échange est déjà au rendez-vous. Elle me paraît intelligente, mesurée, à l’écoute. Je me trouve même un peu trop bavarde, mais ça je ne le contrôle pas. Cela dépend toujours de la personne que j’ai en face de moi.

Quelques jours plus tard, elle signe le contrat. Virtuellement, mais symboliquement cela semble fort pour elle. D’une force que je n’ai pas vraiment mesurée. Pour moi, ce n’est qu’un jeu de plus. Une expérience nouvelle certes, puisqu’elle est Elle. Mais tant que nous sommes dans le virtuel, je ne souhaite pas m’engager davantage dans les échanges. On ne sait jamais. Et qu’elle ait signé le contrat ne change rien pour moi. Toutefois, de son côté, elle y met les formes. Elle me demande une disponibilité pour trinquer à distance à notre nouvelle relation. Je ne suis pas disponible, physiquement mais aussi mentalement. Je la trouve déjà un peu trop envahissante et quémandeuse. Si j’avais eu envie d’un tel protocole de célébration, je l’aurais imposé.

Un peu sèchement sûrement, je la renvoie à sa place de soumise. Elle publiera une jolie photo en guise de symbole : coupe de champagne dans laquelle une fraise fait trempette, bougie, petit cadeau adressé à sa maîtresse. Charmant, cela me touche a posteriori. Et je prends alors seulement conscience que son engagement a peut-être plus d’importance que je ne l’avais identifiée. Elle commence à se plaindre publiquement qu’elle se sent seule… Je n’aime pas les pleurnicheuses… Elle m’informe avoir fait du shopping dans l’attente de notre rencontre. Je lui demande de me montrer, et j’avoue que ses choix éveillent une certaine envie. C’est raffiné, sexy et beau. En espérant que cela lui aille, j’éprouve le désir de les porter aussi. Quand je l’invite à me les prêter, elle me répond comme une pimbêche que ce sont ses affaires… gnagnagna. Oh ce qu’elle peut m’énerver celle-là ! tu ne perds rien pour attendre…

Lesbienne, entreprenante et incontrôlable

Mais dans quoi me suis-je embarquée encore ? Et puis, elle n’a pas intégré la règle n°7 : « La soumise n’est pas autorisée à envoyer de messages tant que Madame n’a pas répondu au précédent ». Je le lui rappelle et ne répond pas à son dernier message pendant 24h. Elle contourne le problème en faisant écrire son colocataire. Je m’y attendais… Je lui explique alors : « C’est une question de rythme, et pour moi il doit être plus lent. Savourer, attendre, savourer par petites gouttes. Et puis, sinon, je me sens opprimée et mon désir n’a plus le temps de s’exprimer. Alors qu’il commençait à grandir, avec des envies de scénario qui se matérialisaient, cet empressement a généré chez moi un ralentissement ». Lorsque nous reprenons le dialogue au terme de ces 24h, j’impose à nouveau le silence pendant trois jours, histoire de vérifier qu’elle a bien compris. Et là, elle s’y tient, sans exception. Peut-être qu’elle apprendra vite, finalement.

Elle signe son contrat le 27 juin. Et dans les jours qui suivent, je sens bien qu’elle essaie d’attirer mon attention sur son profil. Elle officialise son appartenance à plusieurs reprises, c’en est limite gênant. Je ne suis pas encore très à l’aise tant que la relation est virtuelle. Elle publie des photos d’elle dénudée, en nuisette, en petite culotte. Demandant l’avis de ses fans sur ses sous-vêtements chaque matin, ou même sur des envies de glisser la main en dessous. Elle partage aussi ses rencontres coquines avec d’autres femmes, car elle est lesbienne. Je ne relève rien, à peine un like de temps à autres, quand la photo me plaît vraiment, ce qui est rare. Je la trouve assez maladroite dans sa démarche, ce qui a au moins l’avantage de me donner envie de l’éduquer.

Un nouvel enjeu : l’humiliation

Toutefois, elle aime l’humiliation, m’a-t-elle dit. Je n’en suis pas adepte, loin de là, mais cela me fait un beau challenge à relever. Cependant, tant que nous ne nous connaissons pas concrètement, je décide de ne rien tenter sur la toile. J’ai besoin d’en parler de vive voix, de percevoir le niveau d’attente, la capacité d’encaissement et de m’ajuster en conséquence. Je sais pouvoir être dure, exigeante, sévère et donc parfois humiliante. Mais là, avec elle, j’ai l’intuition que l’enjeu est plus complexe. Le seul exercice que je lui ai donné, c’est d’acquérir « L’art de dominer » de Dossie Easton et Janet Hardy. Pour « L’art de se soumettre », tout aussi indispensable, on verra plus tard. Je veux qu’elle en fasse un compte rendu de lecture d’ici ma venue. Je veux qu’elle comprenne ce que signifie la domination pour moi, de quel art il s’agit et ce que cela implique. Elle le fera, et me confirmera en temps utiles que la complicité est très importante dans ce type de relation. Mais dans quelle relation n’est-elle pas importante finalement ? A méditer.

Sophie m’a donc écrit : « Madame, veuillez trouver les réflexions qui me sont venues à la lecture du livre « L’art de Dominer ». Madame, ce que je retiens dans la lecture de ce livre c’est le grand respect entre la domina et la soumise, la confiance de part et d’autre. L’échange continuel entre les deux parties et la progression qui se fait continuellement à deux. Savoir s’ouvrir et se parler sans retenue afin d’aller vers des échanges de plus en plus forts.

Il est important que les deux parties y trouvent de réelles et profondes satisfactions, afin de continuer et c’est en cheminant que nous pouvons explorer de nouveaux horizons et sensations.

Il doit y avoir une séduction des deux partenaires avant tout. On ne peut se soumettre si nous ne sommes pas séduites par notre future Domina et comment celle-ci pourrait-elle le devenir si ce n’était pas le cas.

Mais derrière la soumission c’est immensément de tendresse et d’empathie qui se cachent sinon il n’y a aucun sens à la relation.

Avant d’être physique c’est la tête, le ventre et le cœur qui influent les énergies des deux partenaires afin de réaliser des échanges, des moments riches, passionnants et passionnés, surtout plein d’émotions.

Je ne souhaite pas parler de techniques, de pratiques ou de gadgets. Je pense que c’est mieux d’échanger en direct sur ces sujets Madame. »

La suite est ici.

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